Histoire de la préfecture

 

Préfecture de la région Hauts-de-France, préfecture du Nord, deux siècles d'histoire

Deux sites : Place de la République et Scrive à Lille

L’administration préfectorale trouve son origine dans la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), par laquelle le premier consul Napoléon Bonaparte dote, pour la première fois, la France d’une autorité administrative locale uniforme sur tout le territoire. Les préfets ont été institués pour incarner l’autorité et la présence de l'Etat dans le département.

Porté par la révolution industrielle, le développement de la région et du département a nécessité l’adaptation des institutions publiques et de leurs locaux. Ainsi, la préfecture du Nord a siégé dans divers bâtiments, d’abord à Douai puis à Lille. L’évolution des missions de l’Etat dans le département et le manque de place consécutif ont nécessité l'aménagement ou la construction de bâtiments permettant d’accueillir à la fois les services administratifs et le corps préfectoral.

La préfecture du Nord, de Douai à Lille

La préfecture du Nord a d’abord été installée à Douai, chef lieu du département du Nord à la Révolution, avant d’être transférée en 1803 à Lille, ancienne capitale de la province des Flandres. D’abord établie dans l’hôtel de Roquefeuille, rue Française (actuelle rue Négrier, dans le Vieux-Lille), la préfecture a déménagé en 1826, les locaux s’avérant inadaptés, dans un vaste bâtiment de la rue Royale (actuel évêché). Dès 1860, l’augmentation de la population du département et le développement du rôle du préfet ont rendu ces locaux trop exigus.

L’hôtel de la préfecture, de la place Napoléon III à la place de la République

Suite à un concours d’architectes lancé en 1863 pour élaborer les plans de l’Hôtel de la préfecture, l’architecte départemental Charles Marteau est désigné pour conduire les travaux. Le nouveau bâtiment situé en dehors des anciens remparts sur un terrain de deux hectares offert en 1862 par la ville de Lille au Département, constituera l’un des éléments majestueux de l’aménagement de la place Napoléon III (actuelle place de la République).

Le préfet Vallon pose la première pierre de la préfecture le 15 août 1865 à l’occasion de la fête de l’Empereur. Le préfet s’installera dans le bâtiment le 12 août 1872, mais les travaux ont duré jusqu’en 1874, le projet ayant été retardé par la guerre de 1870 et ayant subi de nombreuses modifications.

Si le bâtiment compte 6 000 mètres carrés de bureaux, le problème de l’exiguïté des locaux se pose cependant à nouveau dès 1920, en raison du développement croissant des missions de l’administration départementale. Une partie des services sera installée dans des bâtiments annexes.

Cette situation a été amplifiée par la décentralisation (loi du 2 mars 1982) qui a profondément transformé l’organisation administrative du territoire et les missions du préfet, dont certaines compétences ont été transférées aux collectivités territoriales (communes, Conseil généraux et Conseil régional). Le préfet assure alors un rôle de contrôle administratif a posteriori sur les actes des collectivités et dispose de pouvoirs plus étendus sur les services déconcentrés des administrations civiles de l’Etat dans le département qu’il dirige, sous l’autorité des ministres. La préfecture, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1975, abrite dans chacune de ses ailes, une partie des bureaux de la préfecture et du Conseil général, les autres services de la préfecture étant implantés sur sept lieux différents.

Le site de Scrive, une opération de requalification et de rénovation exceptionnelle

Le plus important projet immobilier du ministère de l’Intérieur pour les préfectures a vu le jour en raison de l’impossibilité d’étendre les services, comme projeté au début des années 1990 dans les locaux de la préfecture annexe. Ainsi, à l’exception des cabinets du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais, préfet du Nord et des préfets délégués qui demeurent dans le site historique de l’hôtel de la préfecture, l’ensemble des services préfectoraux est regroupé, au cœur de Lille, depuis la fin de l’année 2006, dans l’ancien hôpital militaire Scrive.

Construit en 1606, le bâtiment a d’abord abrité le collège des jésuites. Louis XVI y transféra, en 1781, l’hôpital militaire pour y établir un lieu d’enseignement de la médecine et de la chirurgie.

En 1999, à la suite de la fermeture de l’hôpital, le ministère de l’Intérieur a acheté le bâtiment en vue d’y installer l’ensemble des services de la préfecture du Nord. Trente-quatre mois ont été nécessaires pour effectuer la réhabilitation de ce site, conçue par les cabinets associés lillois Pattou Tandem et Inha’rchitects. Ce projet allie la mise en valeur des éléments traditionnels de l’architecture de Lille (briques et pierres) et l’ajout de constructions contemporaines (verre et métal).

Du collège des jésuites  
La construction du collège des jésuites a débuté en 1606 le long du canal qui franchit les remparts entre la porte Notre Dame et le bastion du calvaire. Une pierre gravée à cette date, au milieu de laquelle figure la fleur de lys, symbole de la ville de Lille, est visible au niveau de la porte d’eau. Une partie de la voûte qui recouvrait le canal depuis 1714 a été démontée dans le cadre de l’aménagement de la préfecture, permettant de le découvrir depuis le hall d'entrée. L’ensemble du collège lillois est impressionnant avec une façade de 300 pieds sur la rue et une belle église de style gothique.
   
Et de l’hôpital militaire  

 

La cour des classes est au centre de la vie scolaire du collège. En 1740, un violent orage détruisit les deux tiers des bâtiments dont l’église et la bibliothèque. Les jésuites reconstruiront mais seront finalement expulsés en 1765 sur ordre du roi Louis XV. La décision de transférer l’hôpital dans les locaux du collège pour y établir un lieu d’enseignement de la médecine et de la chirurgie a été prise par lettres patentes du roi Louis XVI en 1781. Les travaux de transformation, conduits par l’architecte Thomas François Joseph Gombert, ont duré plus de 10 ans. Ils se traduisent notamment par la surélévation des bâtiments qui est encore visible aujourd’hui sur les façades, ici cour Saint Lazare.
   
A la suite d’un incendie survenu en 1794, la construction d’un escalier à double révolution a été entreprise afin de faciliter la circulation dans l’hôpital. Il est constitué de deux escaliers qui tournent en même temps sans jamais se réunir. Ils desservent tous les étages. Les accès se font toujours face. Ainsi deux personnes situées sur chacune des hélices peuvent se croiser sans jamais se rencontrer.
   
Toute proche de l’église des jésuites, devenue église paroissiale Saint-Etienne après la révolution, la cour d’honneur est impressionnante. L’architecte Gombert a réussi à fermer les cours de l’ancien collège par un bâtiment élégant parallèle à la rue au fronton triangulaire. De 1914 à sa fermeture en 1998, le Centre hospitalier des armées de Lille a porté le nom de Gaspard Léonard Scrive. Né à Lille le 13 janvier 1815 et mort à Paris le 18 octobre 1861, Gaspard Scrive fut élève et professeur de médecine opératoire à l’hôpital militaire, professeur de clinique au Val-de-Grâce puis médecin en chef de l'armée française.
   
A la préfecture du Nord  
Le ministère de l’Intérieur a choisi, en 1999, de regrouper l’ensemble des services de la préfecture du Nord au cœur de la ville de Lille sur le site de l’ancien hôpital militaire, à proximité du métro et de la gare. Les travaux, d’un coût global de 41 millions d’euros, ont duré 3 ans, de 2003 à 2006.
   
Le site de 1,7 hectares a été spécifiquement aménagé pour les besoins de la préfecture. Plusieurs cours en sous-sol ont notamment été décaissées pour disposer des surfaces suffisantes à l’accueil de tous les services préfectoraux. Le bâtiment ovale est l’amphithéâtre qui servait pour la formation des officiers de santé. Il comportait une salle de dissection au rez-de-chaussée et une salle de cours au premier étage.
   
Le projet architectural développé par les cabinets associés lillois Pattou Tandem et Inha’rchitects allie histoire et modernité, mémoire et projet. Il rend lisible les éléments constitutifs des formes urbaines et architecturales de la ville tels que le canal des jésuites et la porte d’eau marquant le passage du canal, la chapelle de construction elliptique, les salles voûtées du rez-de-chaussée, la restitution du niveau existant au 17e siècle, l’escalier à double révolution et l’escalier d’honneur, la trace des remparts… Il combine parfaitement la mise en valeur des éléments patrimoniaux existants (bâtiments en briques et pierres) et l’innovation par l’adjonction de structures transparentes en verre en façade de l’édifice.
   
La préfecture accueille en moyenne 1 000 usagers chaque jour, pour des prestations liées essentiellement aux titres de séjour, aux permis de conduire, aux cartes grises, aux demandes de naturalisation et aux associations. A l’occasion du regroupement des services sur le site de Scrive, leur organisation a été repensée afin d’apporter au public le meilleur service et les meilleures conditions d’accueil. La zone grand public est située sur 3 niveaux : rez-de-jardin, rez-de-chaussée et 1er étage. Les personnes handicapées et à mobilité réduite peuvent elles aussi accéder très facilement à tous les services grâce aux ascenseurs et aux guichets surbaissés.
   
Le service du courrier est le premier a avoir été installé sur le site dès le mois de septembre 2005. Il occupe les locaux de l’ancienne infirmerie du collège des jésuites caractérisée par ses voûtes en briques du XVIIe siècle témoignant du savoir-faire des maçons lillois. L’un des murs de ce bâtiment est adossé aux vestiges des remparts qui demeurent visibles.

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