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Migrants de Grande-Synthe : l’Etat poursuit l’accueil et la mise à l’abri des migrants et la lutte contre les passeurs

 
 
Migrants de Grande-Synthe : l’Etat poursuit l’accueil et la mise à l’abri des migrants et la lutte contre les passeurs

Sur le camp du Basroch, 1 116 personnes sont recensées aujourd’hui, alors qu’il en comptait encore plus de 1 500 au début de ce mois et 1 800 fin janvier. Près de deux cents tentes laissées à l’abandon ont été enlevées les 10 et 11 février. D’autres le seront dans les jours qui viennent.

Les maraudes des services de l’Etat et de l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) ont conduit, à ce jour, 520 migrants à demander l’asile et à rejoindre l’un des centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis sur le territoire métropolitain. L’accélération du rythme des départs constatée au cours du dernier mois se confirme avec 27 départs le mardi 16 février. D’autres sont prévus d’ici à la fin de la semaine.
 
En outre, 300 places ont été mobilisées dans le dunkerquois, permettant la mise à l’abri de
290 personnes vulnérables (dont 120 enfants et 65 femmes). 136 personnes y sont actuellement.
 
L’Etat poursuit par ailleurs la lutte déterminée contre les passeurs : deux réseaux de trafiquants ont été démantelés en 24 heures à Grande-Synthe au début de cette semaine. Dix-sept individus ont été interpellés et dix personnes ont été placées en garde à vue.

Actions de l’Etat concernant le campement du Basroch à Grande-Synthe

M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, recevant les élus du Dunkerquois dès le mercredi 29 septembre 2015, leur rappelait l'ensemble des actions menées par le Gouvernement en matière de flux migratoires et la nécessaire adéquation entre humanité pour l'accueil des réfugiés des pays en guerre et fermeté à l'égard des réseaux internationaux qui profitent de la détresse de ces milliers de personnes. Les élus ont confirmé leur souhait de participer à cette stratégie contre les passeurs, en aménageant les accès du camp pour limiter les mouvements des véhicules des passeurs au sein des campements.
 
Dans la suite de cette rencontre, le préfet, assisté de représentants de l'office français de l'immigration et de l’intégration (OFII), a mis en place une permanence asile, appuyée par des maraudes sur le camp, afin de proposer aux migrants de demander l'asile.
 
Depuis le 10 novembre 2015, ces maraudes ont été complétées par des maraudes sociales, proposant la mise à l’abri sans condition de chaque migrant dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO).
 
Parallèlement, une cellule de veille sanitaire a été mise en place en sous-préfecture de Dunkerque, permettant une bonne coordination de l’urgence entre les acteurs publics (hôpital, sapeurs-pompiers, agence régionale de santé, communauté urbaine de Dunkerque, commune) et les associations (Médecins du Monde et Médecins sans frontières principalement) et une réactivité immédiate à toute difficulté sanitaire.
 
Le 18 novembre, le préfet a procédé à l’évacuation et à la fermeture du campement de Téteghem, offrant une solution de mise à l’abri pour ses 250 occupants. Depuis lors, il n’y a plus de camp à Téteghem et toute tentative d’implantation a été évitée.
 
L’Etat continue de proposer des solutions individuelles aux migrants de Grande-Synthe qui le souhaitent : c’est ainsi que 1 116 personnes ont été recensées dans le campement mi février, alors qu’il accueillait 1 558 le 4 février et entre 2 500 et 3 000 en décembre.
 
L’action des services de sécurité de l’Etat (police aux frontières - PAF, sécurité publique, gendarmerie) dans la lutte contre les passeurs a été extrêmement efficace et se poursuivra avec la même détermination, rendant ainsi le passage vers l’Angleterre quasi impossible et conduisant les migrants à envisager d’autres aspirations.
 
C’est ainsi que 520 migrants ont déjà demandé l’asile ou rejoint l’un des centres d’accueil et d’orientation (CAO) répartis sur le territoire métropolitain et que 290 personnes ont bénéficié d’une mise à l’abri dans l’une des 300 places mobilisées dans le Dunkerquois, pour que les personnes vulnérables puissent affronter l’hiver.
 
Enfin, depuis le 28 janvier, 120 places sont offertes aux familles avec des enfants dans des mobile-homes à Leffrinckoucke ; l’endroit est sécurisé et interdit aux passeurs. Nombreuses de ces personnes envisagent de demander l’asile dont elles ne connaissaient ni les droits ni les avantages pour la vie au quotidien.
 
L’Etat amplifie donc son action à l’égard des migrants, afin de préserver leur dignité humaine, leurs droits au regard de l’asile et leur permettre de se reconstruire grâce à des solutions personnalisées offertes à chacun.
 
De plus, dès septembre, le préfet a complété son plan d'actions destiné à assurer la sécurité à l'intérieur et aux abords du campement et à éradiquer plus fortement l'activité des réseaux de passeurs qui organisent les tentatives de traversée vers le Royaume-Uni, en mettant le plus souvent en grand danger la vie des migrants.
 
A cet effet, les policiers de la circonscription de sécurité publique de Dunkerque et de la PAF, ainsi que deux unités de forces mobiles (soit 150 gendarmes mobiles et CRS Compagnies républicaines de sécurité au quotidien) mises à disposition permanente par le Ministre de l’intérieur, renforcent depuis décembre 2015 le dispositif de sécurisation du camp de Grande-Synthe et de ses alentours.
 
L'ensemble des services de police et de gendarmerie sont mobilisés pour contrôler l'activité interne aux campements mais également à l’extérieur, à l'occasion de contrôles routiers, pour intercepter les passeurs.

Une vingtaine de réseaux ont ainsi été démantelés, cette action se poursuivra avec détermination et vigueur. De nombreux passeurs ont été interpellés et remis à la justice et ces mesures seront poursuivies.

L’action de l’Etat sous toutes ces composantes demeure ferme et continue à l’égard de tous ceux qui pratiquent le trafic d’êtres humains.

Depuis le 22 décembre 2015, ces actions sont complétées par la sécurisation du Grand port maritime de Dunkerque, point de passage vers le Royaume-Uni emprunté par les migrants qui mettent leur sécurité et celle des usagers de la route et du port en danger à chaque tentative.

Le port est désormais classé en zone de Protection, conformément à la loi relative à l’état d’urgence. Toute intrusion à l’intérieur de cette zone sans motif réel constitue donc un délit.

Ainsi, en 2015, 8 617 migrants ont été arrêtés sur ce site (dont 1 200 rien qu’en novembre), contre 2 447 en 2014, et aujourd’hui, le flux se tarit depuis janvier 2016 (86 intrusions ayant eu lieu et 154 migrants ayant été découverts dans des poids lourds cette semaine), ce qui démontre l’efficacité des services de l’Etat.

Enfin, dans le cadre du plan de lutte contre l’immigration irrégulière, les contrôles le long de la frontière franco-belge se poursuivent quotidiennement, de manière aléatoire et inopinée en différents lieux, par la PAF Police aux frontièreset la Gendarmerie Nationale, travaillant de concert avec les policiers belges, afin de maintenir au mieux la sécurité et le contrôle de chaque côté de nos deux pays.

La création d’un nouveau camp a fait l’objet depuis le mois de décembre d’un dialogue continu entre l’Etat, la mairie de Grande-Synthe et la Communauté urbaine de Dunkerque.

L’Etat rappelle sa position claire et humanitaire : il n’y a pas d’avenir dans la création de camps qui ne sont qu’un pis-aller à la situation des migrants, mais des solutions individuelles et adaptées sont apportées à chaque migrant (asile, CAO, mise à l’abri hivernale).

L’organisation d’un camp par des associations et une collectivité ne peut se faire qu’en respectant la volonté et la sécurité de ces femmes et de ces hommes installés en un lieu unique, en les protégeant de passeurs peu scrupuleux exploitant la misère humaine.

Le projet de déménagement proposé par la collectivité a fait l’objet de plusieurs études de sécurité de la part des services de l’Etat, conduisant à des recommandations extrêmement strictes, sans toutefois être de nature à assurer une réelle sécurité pour tous.

L’objectif de l’État est bien que le camp de Grande-Synthe puisse disparaître, dans l'intérêt des personnes qui y vivent, avec le soutien des associations humanitaires. L’Etat continuera d’assurer et de préserver la sécurité de ces personnes en situation fragile, de leur offrir des solutions qui ne les maintiendront pas sous la dépendance des trafiquants.

Enfin, le préfet rappelle que l’Etat poursuivra son action de reconduite à la frontière de toute personne qui n’a pas de raison légitime de rester sur le territoire.