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Centenaire de la Grande Guerre - Louise de Bettignies : « L’espionne patriote »

 
 
Centenaire de la Grande Guerre - Louise de Bettignies : « L’espionne patriote »

Les commémorations du 11 novembre sont également l’occasion de rappeler le rôle des femmes dans la première guerre mondiale. En effet, nombre d’entre elles ont eu un rôle important, notamment des femmes des Hauts-de-France. C’est par exemple le cas de Louise de Bettignies.

Louise de Bettignies est née le 15 juillet 1880 à Saint-Amand-les-Eaux, commune qui marque la limite de la Flandre française. On retrouve d’ailleurs des traces de la famille de Bettignies depuis le XIIIème siècle dans la région, et notamment près de Mons.

Louise, issue d’une famille catholique, reçoit une éducation très religieuse : elle fait son éducation chez les sœurs du sacré cœur à Valenciennes. Elle sera ensuite envoyée en pensionnat chez les Ursulines en Angleterre, ou elle y apprendra la langue et la maîtrisera parfaitement.

En rentrant en France, elle préféra un travail à l’entrée au couvent, même si elle n’a aucunement perdu la foi. Elle voyage beaucoup et devient polyglotte.

C’est dès l’invasion des Allemands dans la ville de Lille qu’elle décide, spontanément, de s’engager dans la résistance. Elle remet par exemple du courrier du Nord vers la France libre. Les services d’espionnage britanniques lui proposent une mission d’agent secret qu’elle finira par accepter. À Folkestone, elle apprendra les rudiments de l’espionnage très rapidement.

Elle emprunte dès lors le pseudonyme d’Alice Dubois. Elle deviendra chef d’un réseau de 80 espions à Lille, et centralise des informations sur les Allemands.

Les circonstances de son arrestation à Froyennes en 1916 restent brumeuses, et il est possible qu’elle ait été dénoncée. Elle est envoyée au bagne de Siegburg, en Allemagne, ou elle vivra dans des conditions déplorables. Elle meurt en 1918 aux suites de cet enfermement dans un cachot humide et du manque délibéré de soin. Louise de Bettignies, espionne et patriote, reste quelque peu méconnue du grand public, malgré une forme de reconnaissance de ses actions : des statues à son effigie, des remerciements de Buckingham palace, entre autres.

Lors des guerres, les femmes sont bien souvent moins considérées que leurs homologues masculins. En effet, elles furent au mieux des agents, au pire des traîtres, mais jamais vraiment des héroïnes. D’ailleurs, l’espionnage était mal considéré par les services secrets français, assimilé à de la « prostitution patriotique ».